C’est dans ce contexte que Clovis Alidor Mwamba Ntita Kayembe est arrêté en 1999, accusé de crime contre la patrie. Journaliste devenu gênant pour le pouvoir, il est détenu dans plusieurs lieux tristement célèbres, notamment les cachots de la DEMAP, le Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa et la « cave » d’une ancienne propriété liée à un dignitaire de la Deuxième République.
Même emprisonné, il continue d’écrire.
Dans ce témoignage d’une grande force, l’auteur raconte la violence, l’humiliation et la déshumanisation, mais son propos dépasse largement le récit carcéral. À travers son expérience, il met à nu tout un système de pouvoir, ses donneurs d’ordre, ses exécutants et les mécanismes qui permettent à la brutalité politique de se perpétuer.
La cave devient alors autant un lieu réel qu’une métaphore : comme dans la caverne de Platon, en sortir signifie survivre, mais aussi avancer vers la lumière.
De la violence coloniale aux prisons de la République, l’auteur met en évidence une continuité historique troublante, tout en rappelant l’horizon de dignité et de liberté porté par Patrice Lumumba. Entre témoignage, réflexion politique et quête d’humanité, ce livre est à la fois la mémoire d’un homme qui a survécu et le portrait d’un pays confronté à ses blessures les plus profondes.
Un récit puissant sur la violence d’État, la résistance par l’écriture et l’espoir obstiné d’une humanité restaurée.